L’Outaouais a un défaut d’image : on la traverse pour aller ailleurs. C’est la région québécoise collée à Ottawa, de l’autre côté de la rivière, et beaucoup n’y voient qu’une banlieue administrative. C’est une erreur de lecture, et elle se corrige en trois jours.
Voici l’itinéraire que je referais tel quel : Gatineau pour le musée et les tables de producteurs, Chelsea pour la gastronomie et la glace, Wakefield pour le village et les bains nordiques. Trois jours, jamais plus de quarante minutes de route entre deux étapes.
Jour 1, le matin : le centre-ville de Gatineau
Commence par un vrai déjeuner — au sens québécois, celui du matin — dans l’un des cafés du centre-ville. Puis prends le Sentier culturel, une promenade urbaine jalonnée d’œuvres d’art public : c’est la façon la plus simple de sentir la ville avant de la visiter.
Si tu n’as pas le vertige, l’INTERZIP traverse la rivière des Outaouais en tyrolienne, d’une province à l’autre. On part du Québec, on arrive en Ontario, et la vue sur les deux rives vaut la montée d’adrénaline.
Le Musée canadien de l’histoire occupe ensuite facilement la fin de matinée. La galerie des Premiers Peuples est la partie que je conseille en priorité si le temps manque : c’est là que le pays se raconte le mieux.
Jour 1, le soir : dîner aux Fougères, à Chelsea
Les Fougères, à Chelsea, est l’institution gastronomique de la région. La cuisine y est locale et de saison, et le terroir québécois y est traité sérieusement plutôt que cité en décoration.
- Le saumon fumé maison, avec une crème fraîche à l’aneth — la logique du gravlax, appliquée au fumage.
- Le canard confit, servi avec une purée de patates douces.
- La tarte au sucre revisitée, si tu veux comprendre le dessert québécois sans passer par sa version la plus rustique.
Jour 2 : Wakefield, le café puis les bains
Réveil lent à Wakefield, au Biscotti & cie, un café de village apprécié pour ses pâtisseries maison. Un croissant au beurre ou un pain doré — le pain perdu, version québécoise — et la journée démarre sans effort.
Enchaîne avec le Nordik Spa-Nature, l’un des plus grands spas d’Amérique du Nord : bains nordiques, saunas, alternance chaud-froid en plein air. En hiver, avec la neige autour des bassins, c’est une expérience à part entière.
L’après-midi se passe sur la rue Principale, entre boutiques artisanales et galeries, jusqu’au pont couvert Gendron — le pont rouge en bois qui sert de carte postale au village.
Jour 2, le soir : Gatineau, de la ferme à la table
La Ferme Juniper propose l’expérience complète de la ferme à l’assiette : on rencontre les animaux, on voit les cultures, puis on mange ce qu’on vient de regarder pousser. Fromages artisanaux, légumes de saison, viandes élevées sur place.
Le soir, l’apéritif se prend à La Petite Soif, un bar à vins qui met en avant les crus québécois — la viticulture du Québec a beaucoup progressé, et c’est le bon endroit pour s’en rendre compte. Le dîner suit au SOIF bar à vin, dont la cuisine est plus inventive.
Jour 3, le matin : le parc de la Gatineau
Le parc de la Gatineau est le poumon vert de la région, avec des sentiers pour tous les niveaux. Je conseille le vélo électrique : il gomme les côtes et laisse l’attention disponible pour le paysage, ce qui est précisément le but.
Après l’effort, arrêt chez Roberto Pizza Romana pour une pizza cuite au feu de bois. La romaine est plus fine et plus croustillante que la napolitaine — c’est exactement ce qu’on veut après deux heures de vélo.
Jour 3, la fin : Chelsea, souvenirs et glace
Dernière flânerie dans les ruelles de Chelsea, où les boutiques vendent des produits locaux et de l’artisanat. C’est le moment de faire les provisions qui rentreront dans la valise — sirops, confitures, produits d’érable.
Puis un dernier arrêt à la crémerie La Cigale pour une glace artisanale. Terminer trois jours de route avec un cornet à la main, debout, est une conclusion qui me convient très bien.