Il y a des plats qui sont plus que des plats. Ce sont des rituels, des déclarations d’amour à une saison, des invitations au partage les plus sincères qui soient. Le Mont d’Or au four, mes amis, c’est tout ça à la fois. C’est le plat doudou par excellence, celui qui réchauffe le corps et l’âme quand le mistral souffle un peu trop fort sur nos volets, même ici dans mon Sud adoré. On pourrait croire que sous notre soleil d’hiver, on se contente de salades et de grillades. Quelle erreur ! On est des gourmands, des vrais, et quand le froid pointe le bout de son nez, on n’a qu’une envie : se blottir autour d’une table généreuse. Et quoi de plus généreux qu’un fromage coulant, doré, parfumé, qui n’attend que nous ?
Je me souviens de ma première rencontre avec ce trésor du Jura. J’étais en reportage pour Neptune Plage, mon média, dans les montagnes du Haut-Doubs. Un monde à l’opposé de mes calanques et de mes marchés colorés. Là-bas, le silence est blanc, l’air est pur et piquant, et les sapins sentent la résine. Un soir, dans une auberge de montagne, on m’a servi ça. Un simple fromage dans sa boîte en bois, tout juste sorti du four. La croûte était plissée et dorée comme les collines au crépuscule, et quand le couteau l’a percée… oh là là. Une cascade de fromage crémeux, onctueux, s’est libérée. L’odeur ! Un mélange de champignon, de bois fumé et de lait chaud. Ce soir-là, j’ai compris que la convivialité n’avait pas de frontières. Qu’elle soit sur une terrasse face à la Méditerranée ou au coin d’un feu dans le Jura, elle a le même goût : celui du bonheur partagé.
Alors aujourd’hui, je ne vous donne pas juste une recette. Je vous confie un secret, un morceau de chaleur à convoquer chez vous. On va transformer ce fromage saisonnier, cette merveille cerclée d’épicéa, en un festin royal. C’est une recette qui demande peu de technique mais beaucoup d’amour. Elle est simple comme un après-midi au soleil, mais le résultat est spectaculaire. Imaginez la scène : la boîte fumante au centre de la table, des pommes de terre fondantes, une belle charcuterie, du pain qui croustille… et les sourires sur les visages de vos invités. Vous voyez le tableau ? Allez, on enfile notre tablier, on pousse les meubles et on fait entrer la montagne dans notre cuisine. Promis : pas de chichi, juste du plaisir à l’état pur.
Pourquoi c’est la meilleure recette de mont d'or au four
Prête en 45 minutes, préparation et cuisson comprises.
8 ingrédients, tous faciles à trouver.
Niveau facile, budget moyen.
Voici comment réaliser la recette de mont d'or au four
Les ingrédients pour 4 personnes
- Mont d'Or AOP 1 boîte de 500g à 700g
- Gousse d'ail 1
- Vin blanc sec du Jura (ou autre vin blanc sec) 5 cl
- Pommes de terre grenailles 800 g
- Assortiment de charcuterie fine (jambon cru de montagne, saucisson, coppa…) 250 g
- Pain de campagne ou aux noix 1
- Cornichons 1 bocal
- Poivre noir du moulin quelques tours
Les étapes de préparation
Mon astuce pour réussir à coup sûrLe geste qui change tout, appris à force de la refaire.
Certains aiment aussi verser un filet de miel sur le fromage en fin de cuisson pour un côté sucré-salé irrésistible. Une autre variante consiste à ajouter quelques cerneaux de noix sur le dessus cinq minutes avant la fin de la cuisson pour un croquant délicieux. Et s'il vous en reste (ce qui est très rare, entre nous), le lendemain, vous pouvez l'étaler sur des tartines de pain grillé ou l'incorporer dans un gratin de pâtes. Rien ne se perd !
Allergènes présents dans cette recettesulfites, gluten, fruits à coque
Cette recette contient : sulfites, gluten, fruits à coque.
Cette liste vient des ingrédients de la recette. Vérifie les étiquettes des produits transformés que tu utilises : leur composition change d’une marque à l’autre.
Avec quoi servir cette recette ?Mes idées d'accompagnements et de boissons, avec et sans alcool.
Pour accompagner ce monument de gourmandise, il faut un vin qui a du caractère mais qui sait rester élégant. L’accord régional est souvent le meilleur. On reste donc dans le Jura avec un vin blanc sec comme un Arbois ou un Côtes du Jura, idéalement à base du cépage Savagnin. Sa fraîcheur, sa minéralité et ses notes de noix et de curry vont merveilleusement bien trancher avec le gras du fromage et nettoyer le palais. C’est un dialogue parfait entre le terroir du fromage et celui du vin.
Si vous voulez explorer d’autres horizons, un vin blanc de Savoie comme un Apremont ou une Roussette sera aussi un excellent compagnon. Leur vivacité et leurs arômes floraux apporteront de la légèreté. Pour les amateurs de bulles, un Crémant du Jura apportera une touche festive et saura réveiller les papilles. Et pour une option sans alcool ? Pensez à un jus de pomme artisanal pétillant bien frais ou un thé noir fumé comme un Lapsang Souchong, dont les notes boisées rappelleront celles de la sangle d’épicéa du fromage.
Le Mont d'Or, bien plus qu'un simple fromage
Le Mont d’Or, ou Vacherin du Haut-Doubs de son vrai nom, est un fromage saisonnier qui ne se déguste que de septembre à mai. Pourquoi ? Parce qu’il est fabriqué avec le lait des vaches Montbéliardes lorsque celles-ci redescendent des hauts pâturages pour passer l’hiver à l’étable. Ce lait d’hiver, plus riche, donne au fromage cette onctuosité incomparable. Protégé par une Appellation d’Origine Protégée (AOP) depuis 1981, il ne peut être produit que dans une zone bien délimitée du massif du Jura, à plus de 700 mètres d’altitude.
Sa particularité la plus visible, c’est cette sangle en écorce d’épicéa qui l’entoure. Elle n’est pas là que pour la décoration ! C’est elle qui maintient le fromage, très coulant, pendant son affinage et qui lui transmet ses arômes boisés et résineux si caractéristiques. Chaque boîte est encore fabriquée à la main par des artisans appelés les ‘sangleurs’. La croûte, légèrement plissée, est le résultat d’un lavage régulier à l’eau salée durant l’affinage. C’est donc un produit authentique, un concentré de savoir-faire et de traditions montagnardes. Le déguster, c’est goûter à un paysage, à une histoire, à la patience des hommes. C’est un véritable voyage pour les sens, une invitation à la lenteur et à l’appréciation des bonnes choses.
