Recette de Banoffee Pie : tarte Banane, caramel et Chantilly

Recette de Banoffee Pie : tarte Banane, caramel et Chantilly

février 4, 2026

Je me souviens encore de la première fois. C’était il y a quelques années, lors d’une escapade à Londres. Le ciel était de ce gris perle typiquement anglais, une bruine fine et têtue s’accrochait à mon trench-coat. En me réfugiant dans un petit tea room de Notting Hill, un nom sur l’ardoise a attiré mon œil de gourmande exploratrice : Banoffee Pie. Banane, toffee… la promesse était déjà un poème. Quand l’assiette est arrivée, ce fut un choc. Un coup de foudre. Une véritable éclaircie dans la grisaille londonienne. Ce contraste saisissant entre la base biscuitée, croquante comme les pas sur les feuilles d’automne, ce caramel fondant, presque indécent de gourmandise, la douceur fruitée des bananes et ce nuage de crème Chantilly léger comme une plume… J’ai su à cet instant que ce dessert n’était pas juste un dessert. C’était un câlin dans une assiette, un concentré de réconfort absolu.

De retour sous le soleil de mon Sud, l’idée ne m’a pas quittée. Comment cette tarte, née sous le ciel maussade de l’Angleterre, allait-elle se comporter sous nos latitudes, face au chant des cigales ? C’est devenu une petite obsession, une mission pour Neptune Plage. J’ai enfilé mon tablier d’enquêtrice du goût pour percer les secrets de cette merveille. J’ai testé, j’ai goûté, j’ai un peu raté parfois (mon premier caramel ressemblait plus à une brique qu’à une confiture de lait, on ne rit pas !), et j’ai fini par trouver l’équilibre parfait. La recette que je te partage aujourd’hui, ce n’est pas juste une liste d’ingrédients. C’est le fruit de cette quête, c’est ma version, celle qui sent bon les après-midis entre amis sur la terrasse, celle qui fait briller les yeux et dire « encore une toute petite part, s’il te plaît ». On va la préparer ensemble, pas à pas. Tu vas voir, c’est simple comme un après-midi au soleil. On va faire entrer un peu de la folie douce anglaise dans nos cuisines du Sud, et je te promets que le mariage est absolument divin. Promis : pas de chichi, juste du plaisir à l’état pur. Alors, tu me suis dans cette aventure gourmande ?

30 minutes

15 minutes

facile

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. La base biscuitée : le socle de notre chef-d’œuvre

Première mission, si tu l’acceptes : créer le fond de tarte le plus croustillant de l’univers. Prends tes biscuits ‘Digestives’. Tu as deux options. La méthode défouloir : tu les mets dans un sac congélation bien solide, tu le fermes, et tu tapes dessus avec un rouleau à pâtisserie. C’est parfait après une journée compliquée ! L’autre option, plus civilisée, c’est de les mixer dans un robot. Le but est d’obtenir une poudre fine, comme du sable chaud. Pendant ce temps, fais fondre doucement tes 125g de beurre dans une petite casserole. L’odeur qui s’en dégage… c’est déjà une promesse de bonheur. Verse le beurre fondu sur ta poudre de biscuits et mélange bien avec une spatule. Tu dois obtenir une texture de sable mouillé, tu sais, celui qui est parfait pour faire des châteaux. Prends ton moule à fond amovible, c’est vraiment l’idéal pour un démoulage sans catastrophe. Verse ta préparation dedans et maintenant, on passe à l’étape cruciale : le tassage. Avec le dos d’une cuillère à soupe ou le fond d’un verre, appuie bien partout pour former une base compacte et uniforme. N’oublie pas de remonter un peu sur les bords pour créer une jolie croûte. Hop, direction le réfrigérateur pour au moins 30 minutes. Ce temps de repos est super important, c’est ce qui va permettre au beurre de figer et de rendre ta base bien solide.

2. Le caramel maison : l’âme de la Banoffee Pie

Bon, soyons sérieux deux minutes. Le caramel, c’est le cœur battant de notre tarte. C’est là que la magie opère. Oublie la méthode un peu barbare qui consiste à faire bouillir la boîte de lait concentré (c’est long et ça peut être dangereux). On va le faire ensemble, dans une casserole, et tu vas voir, c’est un jeu d’enfant. Prends une casserole à fond épais, c’est mieux pour que la chaleur se répartisse bien. Verse dedans le contenu de ta boîte de lait concentré sucré, les 100g de beurre en morceaux et les 100g de cassonade. Fais chauffer à feu moyen, en remuant constamment avec une spatule en bois ou en silicone. Au début, le beurre va fondre, le sucre va se dissoudre… continue de remuer. C’est un peu comme une méditation, tu ne penses qu’à ton caramel. Tu vas voir des petites bulles apparaître. C’est le signe que ça commence à cuire. À partir de ce moment, il faut baisser un peu le feu et continuer de remuer sans jamais s’arrêter pendant environ 5 à 7 minutes. Le mélange va s’épaissir et prendre une sublime couleur ambrée, dorée comme les blés sous le soleil d’août. L’odeur dans ta cuisine va devenir absolument folle ! Pour savoir s’il est prêt, fais le test de la spatule : si tu traces un trait dans le caramel, il doit se refermer doucement. C’est bon ! Retire la casserole du feu, ajoute une belle pincée de fleur de sel (ça change tout, crois-moi, le sel est un exhausteur de goût incroyable) et remue une dernière fois. Laisse-le tiédir quelques minutes avant de le verser délicatement sur ton fond de tarte bien froid. Étale-le de façon uniforme. Et maintenant, patience… Il faut le laisser refroidir complètement, d’abord à température ambiante, puis au moins 1 heure au réfrigérateur pour qu’il prenne une consistance parfaite, à la fois ferme et fondante.

3. L’assemblage : le moment fruité et gourmand

Ton fond de tarte est croustillant, ton caramel est pris et te fait de l’œil. C’est l’heure de faire entrer en scène les stars du jour : les bananes ! Choisis-les bien mûres, celles avec des petites taches noires sur la peau, car elles sont plus sucrées et parfumées. Pèle-les et coupe-les en rondelles d’environ 1 cm d’épaisseur. Pas trop fines pour qu’on ait de la mâche, pas trop épaisses non plus. Dispose-les joliment sur toute la surface du caramel. Tu peux les faire se chevaucher un peu pour un effet plus généreux. C’est ton œuvre d’art, alors amuse-toi ! Il ne doit plus y avoir un seul millimètre de caramel visible. Imagine la surprise à la découpe ! Si tu prépares la tarte un peu à l’avance, je te donne une petite astuce pour éviter que les bananes noircissent : passe un tout petit peu de jus de citron dessus avec un pinceau. Ça ne se sentira pas au goût mais ça préservera leur jolie couleur.

4. La Chantilly : le nuage de douceur final

La touche finale, la cerise sur le gâteau… ou plutôt, la crème sur la tarte ! Pour une Chantilly inratable, il y a un secret : le froid ! Place le bol de ton robot (ou un simple saladier) et les fouets au congélateur pendant 15 minutes avant de commencer. Verse ta crème liquide entière bien froide dans le bol glacé. Elle doit être entière, à 30% de matière grasse minimum, sinon elle ne montera jamais. C’est la physique, ma petite dame ! Commence à fouetter à vitesse moyenne. Quand la crème commence à s’épaissir et à former des sillons, ajoute le sucre glace et l’extrait de vanille. Augmente la vitesse et continue de fouetter jusqu’à obtenir une texture ferme et aérienne, qui forme un joli « bec d’oiseau » au bout du fouet. Attention à ne pas la fouetter trop longtemps, sinon elle se transformerait en beurre, et ce serait un peu dommage, on est d’accord. Une fois que tu as obtenu ce magnifique nuage de crème, il ne te reste plus qu’à le déposer généreusement sur les bananes. Tu peux le faire à la spatule pour un effet rustique et gourmand, ou utiliser une poche à douille pour un rendu plus sophistiqué. Pour finir, la petite touche qui fait tout : râpe quelques copeaux de chocolat noir sur le dessus ou saupoudre d’un voile de cacao en poudre non sucré. Ça apporte une légère amertume qui vient équilibrer la douceur du reste. Remets ta merveille au frais pour au moins 30 minutes avant de servir. C’est le temps qu’il faut pour que toutes les saveurs se mélangent harmonieusement.

Imma Colata

Mon astuce de chef

Pour un caramel encore plus parfumé, tu peux y ajouter une gousse de vanille grattée pendant la cuisson ou une cuillère à soupe de rhum ambré hors du feu. Ça lui donnera une profondeur incroyable ! Une autre idée que j’adore : ajouter une cuillère à café de café soluble dans le caramel en fin de cuisson. Le mariage banane-café-caramel est à tomber par terre. Si tu veux une base encore plus croquante, tu peux la précuire à blanc. Après l’avoir tassée dans le moule, enfourne-la pour 10 minutes dans un four préchauffé à 180°C. Laisse-la refroidir complètement avant d’y verser le caramel. Le résultat est divin !

Un nuage de douceur appelle une boisson de caractère

Avec une telle gourmandise, on évite les boissons trop sucrées qui alourdiraient le palais. L’idéal, pour moi, c’est un bon café. Un espresso bien serré dont l’amertume viendra trancher avec le sucre du caramel, ou un café filtre plus doux qui accompagnera la dégustation en toute légèreté. Si tu es plutôt thé, un thé noir type Earl Grey ou un English Breakfast sera parfait, ses notes tanniques nettoieront le palais entre chaque bouchée. Pour une option sans caféine, pense à une infusion à la menthe fraîche, c’est divin et ça apporte une touche de fraîcheur bienvenue. Et pour les jours de fête, pourquoi pas un petit verre de Poiré bien frais ? Ses bulles fines et ses arômes de poire se marient étonnamment bien avec la banane et le caramel.

La véritable histoire de la Banoffee Pie, une invention pas si vieille !

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Banoffee Pie n’est pas une recette de grand-mère transmise depuis des générations. Non, son histoire est bien plus récente et documentée ! On la doit à deux Anglais, Nigel Mackenzie, le propriétaire, et Ian Dowding, son chef cuisinier, du restaurant ‘The Hungry Monk’ (Le Moine Affamé) à Jevington, dans l’East Sussex. Nous sommes en 1971. Ils cherchent à améliorer une recette américaine un peu décevante appelée ‘Blum’s Coffee Toffee Pie’. Après de nombreux essais (avec des pommes, des mandarines…), Ian Dowding a l’idée de génie d’essayer avec des bananes. Le succès est immédiat. Ils baptisent leur création ‘Banoffi Pie’ en contractant les mots ‘banana’ et ‘toffee’. La recette est mise à la carte et devient instantanément le dessert signature du restaurant, au point que les clients suppliaient pour en avoir la recette. Face à la demande, ils finissent par la publier dans leur livre de recettes en 1974. Le dessert est devenu si populaire qu’il a été copié dans le monde entier, parfois avec des variations (base de pâte sablée, crème au beurre…). Le nom ‘Banoffee’ est même entré dans le dictionnaire anglais en 1997 ! C’est une belle histoire, non ? La preuve qu’avec un peu de créativité et de bons produits, on peut créer un classique instantané qui fait le tour du monde. Ça, c’est la cuisine qui fait sourire.

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Auteure rédactrice Imma Colata Neptuneplage

Qui est Immacolata ?

Je suis une exploratrice des saveurs et des cultures. À travers NeptunePlage, je partage mes carnets de route gourmands : des lieux, des plats et des histoires qui donnent envie de goûter le monde.

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